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Faut-il obligatoirement obtenir un label RSE ?

Label, certification, charte, obligation réglementaire : on démêle les notions et on explique pourquoi un label n'est pas un point de départ obligatoire pour une TPE ou une PME.

Dirigeante de petite entreprise examinant un certificat RSE sur un bureau en bois, lumière méditerranéenne

Introduction

Lorsqu'une entreprise souhaite s'engager dans une démarche RSE, une question revient très souvent : faut-il obtenir un label RSE ? Cette question est légitime. Entre les labels, les certifications, les chartes, les normes, les obligations réglementaires et les attentes des clients, il est facile de s'y perdre.

Pour une petite entreprise, cette confusion peut devenir un frein. Certains dirigeants pensent qu'ils doivent obligatoirement obtenir un label pour parler de RSE. D'autres repoussent leur démarche, par peur d'un dispositif trop coûteux, trop long ou trop administratif.

Pourtant, la réponse est simple : non, il n'est pas obligatoire d'obtenir un label RSE pour engager une démarche RSE. Un label peut être utile, mais il n'est pas le point de départ indispensable. Pour une TPE ou une PME, l'essentiel est d'abord de structurer une démarche sincère, concrète et adaptée à son activité.

La RSE : une démarche avant d'être un label

La RSE, ou responsabilité sociétale des entreprises, désigne la manière dont une entreprise intègre les enjeux sociaux, environnementaux et économiques dans son activité. Elle concerne toutes les entreprises, quels que soient leur taille, leur secteur ou leur territoire. Le ministère de l'Économie rappelle ainsi que la RSE peut concerner toutes les entreprises, notamment sur les enjeux environnementaux, sociaux ou d'achats responsables.

Autrement dit, la RSE n'est pas d'abord un document officiel ou un logo à afficher. C'est une démarche de progrès. Elle peut porter sur des sujets très concrets :

  • la réduction des déchets ;
  • les économies d'énergie ;
  • les conditions de travail ;
  • la prévention des risques ;
  • la formation des salariés ;
  • les achats responsables ;
  • la satisfaction client ;
  • l'ancrage territorial ;
  • l'éthique des pratiques commerciales.

Une entreprise peut donc engager une démarche RSE sans être labellisée. Elle peut commencer par un diagnostic, une charte RSE, un plan d'action et quelques indicateurs simples.

Label, certification, norme, charte : quelles différences ?

Avant de décider s'il faut obtenir un label, il est important de comprendre les différences entre les principaux termes.

La démarche RSE

La démarche RSE correspond à l'ensemble des actions mises en place par l'entreprise pour améliorer son impact social, environnemental et économique. Elle peut être simple et progressive et n'impose pas forcément de certification ou de label.

La charte RSE

La charte RSE est un document interne ou externe qui présente les engagements responsables de l'entreprise. Elle permet de formaliser les valeurs, les priorités et les actions de l'entreprise. Elle peut être publiée sur le site internet, transmise à des clients ou jointe à un dossier commercial.

Le label RSE

Un label RSE est une reconnaissance délivrée par un organisme externe selon un référentiel défini. Il permet de montrer qu'une entreprise a fait évaluer sa démarche. Il peut renforcer la crédibilité auprès des clients, partenaires ou donneurs d'ordre.

La certification

Une certification repose généralement sur un audit et sur la conformité à une norme ou à un référentiel. Elle est souvent plus formalisée qu'un simple engagement volontaire.

L'obligation réglementaire

Certaines entreprises sont soumises à des obligations de reporting ou d'information en matière sociale, environnementale ou de gouvernance. La directive européenne CSRD renforce par exemple les obligations de publication d'informations de durabilité pour les entreprises concernées. Mais ces obligations ne concernent pas toutes les petites entreprises de la même manière : une TPE ou une petite PME non cotée n'est généralement pas soumise aux mêmes exigences qu'un grand groupe.

Alors, un label RSE est-il obligatoire ?

Dans la plupart des cas, non. Pour une petite entreprise, il n'est généralement pas obligatoire d'obtenir un label RSE pour commencer à structurer ses engagements. En revanche, il peut exister des situations dans lesquelles un label devient intéressant, voire fortement recommandé :

  • lorsqu'un client ou un donneur d'ordre le demande ;
  • lorsqu'un appel d'offres valorise les entreprises labellisées ;
  • lorsqu'une entreprise souhaite se différencier sur son marché ;
  • lorsqu'elle veut rassurer ses partenaires ;
  • lorsqu'elle a déjà structuré sa démarche et souhaite la faire reconnaître ;
  • lorsqu'elle veut mobiliser ses équipes autour d'un objectif clair.

Le label n'est donc pas une obligation de départ. Il peut être une étape ultérieure.

Pourquoi ne pas commencer directement par un label ?

Obtenir un label peut être utile, mais cela demande souvent du temps, des documents, un budget et une organisation minimale. Pour une petite entreprise qui débute, commencer directement par un label peut parfois être prématuré. Avant de candidater, il est préférable de pouvoir répondre à quelques questions simples :

  • Quelles sont nos actions RSE déjà en place ?
  • Quels sont nos engagements prioritaires ?
  • Avons-nous une charte RSE ?
  • Avons-nous un plan d'action ?
  • Suivons-nous quelques indicateurs ?
  • Sommes-nous capables de démontrer nos progrès ?
  • Nos salariés comprennent-ils la démarche ?
  • Nos engagements sont-ils cohérents avec notre activité ?

Si ces éléments ne sont pas encore clairs, il vaut mieux commencer par structurer la démarche avant de chercher une reconnaissance externe.

Le risque : confondre label et démarche réelle

Une entreprise peut obtenir un label et rester peu active ensuite. À l'inverse, une entreprise non labellisée peut avoir une démarche responsable sérieuse, concrète et sincère. Le label ne remplace donc pas l'engagement réel.

Ce qui compte, c'est la cohérence entre ce que l'entreprise annonce et ce qu'elle fait réellement. Cette cohérence est d'autant plus importante que les communications environnementales sont de plus en plus encadrées : les allégations environnementales sont des démarches commerciales volontaires mettant en avant une caractéristique environnementale d'un produit ou d'un service, et elles doivent être formulées avec prudence et précision.

Autrement dit, mieux vaut une démarche modeste mais prouvée qu'une communication ambitieuse mais vague.

Le label RSE : utile pour gagner en crédibilité

Même s'il n'est pas obligatoire, un label RSE peut présenter plusieurs avantages. Il peut aider à :

  • structurer la démarche ;
  • rassurer les clients ;
  • répondre à certains appels d'offres ;
  • valoriser les engagements de l'entreprise ;
  • renforcer la confiance des partenaires ;
  • donner un cadre de progression ;
  • mobiliser les équipes.

Un label peut aussi être particulièrement pertinent pour les entreprises qui travaillent avec des grands groupes, des collectivités ou des secteurs dans lesquels les critères RSE deviennent importants. Par exemple, le label « Relations fournisseurs et achats responsables » permet de valoriser l'application d'engagements liés aux achats responsables et aux relations fournisseurs.

Quelle stratégie pour une petite entreprise ?

Pour une TPE ou une PME, la bonne question n'est pas forcément « Quel label dois-je obtenir ? », mais plutôt « De quoi mon entreprise a-t-elle besoin aujourd'hui pour rendre sa démarche RSE claire, crédible et utile ? ». Dans beaucoup de cas, la progression la plus pertinente est la suivante :

ÉtapeObjectif
1. Diagnostic RSEComprendre où en est l'entreprise
2. Charte RSEFormaliser les engagements
3. Plan d'actionDéfinir les priorités
4. Indicateurs simplesSuivre les progrès
5. Communication responsableValoriser sans exagérer
6. Label éventuelFaire reconnaître la démarche

Cette progression évite de brûler les étapes. Elle permet à l'entreprise de construire des bases solides avant d'envisager une labellisation.

Quand envisager un label RSE ?

Un label devient intéressant lorsque l'entreprise a déjà engagé plusieurs actions et souhaite passer à un niveau supérieur de reconnaissance. C'est notamment le cas si :

  • elle répond régulièrement à des appels d'offres ;
  • ses clients demandent des preuves RSE ;
  • elle veut se différencier de ses concurrents ;
  • elle souhaite structurer davantage sa démarche ;
  • elle veut renforcer sa marque employeur ;
  • elle travaille avec des donneurs d'ordre exigeants ;
  • elle veut disposer d'un regard externe sur ses pratiques.

Dans ce cas, le label peut devenir un outil stratégique. Mais il doit rester au service de la démarche, et non l'inverse.

Et si l'entreprise n'a pas de label ?

Une entreprise non labellisée peut tout à fait communiquer sur sa démarche RSE, à condition de rester précise, factuelle et transparente. Elle peut par exemple mettre en avant :

  • sa charte RSE ;
  • ses actions environnementales ;
  • ses engagements sociaux ;
  • ses achats responsables ;
  • son ancrage local ;
  • ses indicateurs de suivi ;
  • ses objectifs d'amélioration ;
  • ses preuves concrètes.
« Notre entreprise a engagé une démarche RSE progressive. Nous avons formalisé une charte RSE, identifié nos priorités environnementales et sociales, et mis en place un suivi de nos premières actions. »

Cette formulation est plus sérieuse qu'une phrase vague comme : « Nous sommes une entreprise écoresponsable. »

Conclusion

Non, il n'est pas obligatoire d'obtenir un label RSE pour engager une démarche responsable. Pour une petite entreprise, la priorité est d'abord de comprendre ses enjeux, d'identifier ses actions existantes, de formaliser ses engagements et de construire un plan d'action réaliste.

Le label peut ensuite devenir un outil utile pour renforcer la crédibilité, répondre à des appels d'offres ou se différencier. Mais il ne doit pas être confondu avec la démarche elle-même.

« Une RSE crédible ne commence pas par un logo. Elle commence par des actions concrètes, sincères et adaptées à l'entreprise. »

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